Christophe Botella, chercheur en écologie statistique à l'Inria et à l'université de Montpellier, a été récompensé par le prix du Collège de France pour jeunes chercheuses et jeunes chercheurs 2026. Ses recherches portent sur le développement de modèles statistiques permettant d'estimer et d'anticiper l'évolution de la biodiversité à partir de données hétérogènes issues de plateformes de science citoyenne.
Il donnera une conférence intitulée « La biodiversité en miroir brisé : cartographier la flore à l’ère des observations citoyennes » au Collège de France, le 26 novembre 2026 à 18 heures. Cette conférence abordera la manière dont les données massives collectées par des initiatives comme Pl@ntNet peuvent être transformées en connaissances fiables pour mieux comprendre les pressions subies par les écosystèmes.
Passionné par la science et les mathématiques depuis son plus jeune âge, Christophe Botella a trouvé dans les biostatistiques une finalité concrète, notamment pour comprendre la résistance des plantes à la sécheresse. Après une école d'ingénieur et un master en mathématiques pour les sciences du vivant, il a orienté ses recherches vers l'exploitation des données opportunistes fournies par les plateformes de science citoyenne, qui enregistrent des millions d'observations à travers le monde.
Ses travaux visent à corriger les biais d'observation inhérents à ces données, tels que la concentration d'utilisateurs dans certaines zones. Il utilise des modèles de distribution des espèces et l'apprentissage profond pour prédire la présence et l'absence des espèces avec une grande fiabilité, même à partir de données fragmentaires. Ces méthodes sont mises à l'épreuve en les comparant à des inventaires exhaustifs réalisés par des experts botanistes.
L'outil GeoPl@ntNet, rendu public en 2025, permet de cartographier la flore européenne à une résolution de cinquante mètres et de générer des rapports de biodiversité locaux pour les petites communes. L'objectif est d'intégrer une dimension temporelle pour caractériser l'évolution de la biodiversité et l'impact des pressions humaines et du changement climatique. Les plateformes de science citoyenne sont également reconnues pour la détection précoce d'espèces exotiques envahissantes.
“"Le pouvoir politique ne transforme pas forcément les sonnettes d'alarme des scientifiques en des actions qui les prennent bien en compte."
Christophe Botella souligne l'importance de la collaboration interdisciplinaire avec les écologues et les acteurs de la conservation sur le terrain. Il note une déconnexion fréquente entre les résultats scientifiques à large échelle et leur application concrète dans les parcs naturels, un défi qu'il souhaite développer davantage.




