Formation de la Terre : une étude conteste l'hypothèse du « vernis tardif »

Des chercheurs ont reproduit les conditions extrêmes de la formation terrestre pour réévaluer l'apport de matériaux sidérophiles.

Image générique de matériel de laboratoire scientifique pour la recherche sur la formation planétaire.
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Image générique de matériel de laboratoire scientifique pour la recherche sur la formation planétaire.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de Sorbonne Université et de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP) suggère que la Terre n'a pas connu d'apport significatif de matériaux riches en fer après la formation de son noyau, remettant en cause l'hypothèse historique du « vernis tardif ».

L'hypothèse du « vernis tardif », formulée dans les années 1970, postulait qu'après la différenciation entre le noyau et le manteau terrestre, des météorites auraient apporté des éléments fortement affins au fer (sidérophiles) sur la planète. Ces apports auraient constitué le dernier apport de masse conséquent, représentant 0,5% de la masse totale de la Terre, et auraient potentiellement amené des éléments essentiels à la vie comme l'eau et le carbone.
Pour tester cette théorie, une équipe internationale a recréé en laboratoire les conditions extrêmes de pression et de température qui prévalaient lors de la formation de la Terre. En utilisant des cellules à enclumes de diamants et un chauffage laser, les chercheurs ont analysé des échantillons à l'European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) de Grenoble. Ces expériences ont révélé que la température joue un rôle crucial dans la répartition des éléments sidérophiles entre le noyau et le manteau.
Les résultats indiquent qu'aux conditions de formation du noyau terrestre, ces éléments sont moins sidérophiles et montrent une affinité accrue pour les silicates. Des modèles numériques de formation planétaire ont ensuite démontré que les teneurs observées de ces éléments dans le manteau terrestre peuvent être expliquées par les effets de haute température durant la différenciation terrestre, sans nécessiter un apport extérieur massif tardif.
Cette découverte offre une nouvelle perspective sur l'augmentation de la taille de la Terre, de la Lune et des autres planètes telluriques. Elle suggère que des éléments comme l'eau et le carbone étaient présents dès les premières phases de l'histoire terrestre, plutôt qu'apportés ultérieurement. L'étude, publiée dans Science Advances, ouvre la voie à une meilleure compréhension de l'évolution des planètes telluriques du système solaire.
Information rédigée à partir de la source officielle : Sorbonne Université (02/10/2026)