Le SIAAP s'engage dans une trajectoire ambitieuse de neutralité énergétique pour son activité d'assainissement. Cette démarche combine sobriété énergétique, optimisation des procédés industriels et valorisation des ressources issues des eaux usées, contribuant ainsi à la souveraineté énergétique du service public et à la maîtrise de son empreinte carbone.
Cette stratégie répond aux objectifs de la nouvelle Directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines (DERU2), qui fixe un horizon de neutralité énergétique pour l'assainissement à 2045. Le SIAAP, pionnier dans la production d'énergie verte depuis 1940, maintient le cap avec ses unités de méthanisation.
Actuellement, 46% des besoins énergétiques du SIAAP sont couverts par l'énergie produite sur ses usines, un niveau déjà conforme aux objectifs européens pour 2035. L'organisme consomme environ 1,1 TWh par an et produit près de 590 GWh de biogaz valorisé, équivalant à la consommation électrique annuelle d'environ 270 000 habitants, comme la ville de Bordeaux.
Les sites de Seine Aval, Seine Valenton et Seine Centre sont certifiés ISO 50001 depuis 2024, 2022 et 2026 respectivement. Le SIAAP envisage une certification globale à moyen terme.
La performance énergétique repose sur deux leviers : la maîtrise des consommations, qui représentent 15% des coûts d'exploitation (600 GWh/an), et la valorisation de gisements énergétiques. L'amélioration de l'efficacité des équipements, la modernisation des installations, notamment à Seine Aval, ainsi que la récupération de chaleur des fours d'incinération et des eaux usées, sont des axes prioritaires.
Au total, 355 GWh par an de gisements énergétiques supplémentaires sont mobilisables, notamment grâce à l'évolution de l'Unité de Production des Boues Déshydratées (UPBD) de l'usine Seine Aval. Les investissements prévus porteront progressivement le niveau de neutralité énergétique à plus de 56%, puis à 70% d'ici 2040-2045.
Les usines d'épuration deviennent des pôles de transformation au service de la décarbonation des territoires. Le SIAAP contribue déjà à cette dynamique en réinjectant son biogaz excédentaire dans le réseau GRDF. Des projets de partage de chaleur excédentaire émergent également à Clichy et Colombes pour alimenter les réseaux de chaleur urbains.
Avec une neutralité énergétique déjà proche de 50% et une trajectoire crédible vers les objectifs de la DERU2, le SIAAP confirme sa volonté de faire de l'énergie un levier de performance environnementale et de résilience économique pour les territoires franciliens.




