Les archives de l'Alphonse Bellier, commissaire-priseur parisien, accessibles à l'INHA

L'Institut national d'histoire de l'art rend consultables près de 2500 dossiers de vente, offrant un éclairage précieux sur le marché de l'art parisien de la première moitié du XXe siècle.

Image générique d'un maillet d'enchères posé sur des catalogues anciens, dans une bibliothèque.
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Image générique d'un maillet d'enchères posé sur des catalogues anciens, dans une bibliothèque.

L'Institut national d'histoire de l'art (INHA) a annoncé la mise en ligne sur le catalogue Calames de l'inventaire intégral des archives du célèbre commissaire-priseur parisien Alphonse Bellier, actif de 1920 à 1958.

Après plusieurs années de catalogage, près de 2500 dossiers de vente, ainsi que les archives comptables et d'expertise d'Alphonse Bellier, sont désormais disponibles pour la communauté scientifique. Ces documents, consultables tous les après-midis à l'INHA dans l'espace Doucet de la salle Labrouste, permettent de reconstituer en détail l'organisation des ventes de ce commissaire-priseur qui a dominé le marché de l'art pendant près de quatre décennies.
Les archives fournissent des informations précieuses sur la provenance des œuvres, la liste des lots, les vendeurs, la correspondance et l'identité des acheteurs. Les factures relatives à la publicité, à l'impression des catalogues, au transport et au stockage des œuvres à l'hôtel Drouot, ainsi que les livres de caisse et registres de comptabilité, offrent un aperçu précis du modèle économique de l'étude.
La quasi-totalité des ventes réalisées par Alphonse Bellier ont été conservées, complétant les minutes versées aux archives de la Seine. Plus de 500 catalogues numérisés, consultables sur Cariatide, la bibliothèque numérique de l'INHA, facilitent la recherche d'œuvres grâce à l'OCR.
Ces archives, données à l'INHA en 2018 avec le fonds de son successeur Raoul Oury et celui de Guy Loudmer, sont particulièrement précieuses pour l'étude du marché de l'art sous l'Occupation, notamment pour les travaux sur les œuvres spoliées lors de la Seconde guerre mondiale. L'étude de Bellier a dispersé de nombreux biens spoliés, dits « israélites », vendus à la requête d'administrateurs provisoires ou parmi des biens abandonnés par leurs propriétaires juifs.
Ce catalogage s'inscrit dans l'effort de longue date de l'INHA pour soutenir la recherche dans ce domaine, incluant la numérisation de plus de 3000 catalogues de vente de la période de l'Occupation, la publication du Répertoire des acteurs du marché de l'art sous l'Occupation, l'entrée des archives du journaliste Philippe Sprang, et l'identification de livres spoliés ayant mené à la restitution d'un ouvrage aux descendants de Marc Bloch en mars 2026.
L'INHA élargit son investigation au destin des objets d'art africain pendant la Seconde Guerre mondiale.
Information rédigée à partir de la source officielle : Institut national d'histoire de l'art (29/10/2026)