Le projet IMPACT-HPV, initié dans le cadre de l'Alliance Sorbonne Université – Global Health Institute (ASU-GHI), adopte une approche transdisciplinaire visant à améliorer la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), en particulier les papillomavirus humains (HPV), auprès de la communauté étudiante. Il combine des actions de prévention, une enquête sociologique et l'analyse des eaux usées pour mieux comprendre la circulation des virus et les comportements de prévention, afin de développer des actions ciblées.
« Les papillomavirus humains (HPV) comptent parmi les infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes », rappelle Europe Blanckart, coordinatrice opérationnelle d’IMPACT-HPV et chargée de mission recherche au Service Santé Etudiante. Bien que souvent asymptomatiques et disparaissant spontanément, certains génotypes de HPV peuvent causer des lésions précancéreuses et divers cancers. En France, près de 1 200 cancers de l’oropharynx liés aux HPV sont diagnostiqués annuellement. La vaccination et le dépistage du cancer du col de l’utérus sont les deux piliers de la prévention.
Né de la collaboration entre le Service de Santé Étudiante (SSE) de Sorbonne Université et plusieurs équipes de recherche, IMPACT-HPV répond aux besoins d'information sur les HPV et à une couverture vaccinale jugée insuffisante par les professionnels du SSE. Les recherches sur l'analyse des eaux usées par l'équipe de Vincent Maréchal et les études en sciences sociales sur la perception des risques et les comportements préventifs des étudiants complètent cette initiative. L'ASU-GHI fédère ainsi le SSE, l'Observatoire épidémiologique dans les eaux usées (OBEPINE+), le Groupe d’étude des méthodes de l’analyse sociologique de la Sorbonne (GEMASS), le Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) de l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP) et la Direction de la communication de Sorbonne Université.
Depuis 2025, la vaccination contre les HPV est recommandée pour les jeunes adultes, indépendamment de leur genre ou de leur sexualité. « Les années d’études universitaires correspondent à une période où les jeunes adultes gagnent en autonomie dans leurs décisions de santé », souligne Europe Blanckart. Le projet vise à faciliter l'accès aux soins et à renforcer l'appropriation des moyens de prévention. La prévention des HPV concerne hommes et femmes, ces derniers pouvant aussi transmettre le virus et développer certains cancers liés aux HPV, comme le cancer du pénis. Les cancers de l’oropharynx associés au HPV touchent majoritairement les hommes (environ 3 cas sur 4). Le projet s'inscrit dans la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030 et vise à atteindre 80 % de couverture vaccinale contre les HPV d'ici 2030.
L'objectif est triple : mieux comprendre la circulation des HPV chez les jeunes, identifier les facteurs influençant les comportements de prévention et renforcer l'appropriation de la vaccination et de la santé sexuelle. « L’ambition d’IMPACT-HPV est de développer, tester et évaluer à l’échelle d’un campus universitaire un modèle intégré associant prévention en santé, sciences sociales et suivi environnemental », précise Europe Blanckart.
Le projet s'articule autour de trois volets : informer, sensibiliser et faciliter l'accès à la vaccination grâce à des stands mobiles et une journée de vaccination gratuite prévue en 2027 sur le campus Pierre et Marie Curie, en partenariat avec le CeGIDD de l'hôpital Saint-Antoine. Le deuxième volet, mené par le GEMASS, vise à écouter les étudiants via des groupes de discussion pour comprendre leurs connaissances et représentations des IST et des HPV, afin d'adapter les campagnes de prévention. Enfin, le troisième volet, porté par OBEPINE+, explore le potentiel de l'analyse des eaux usées pour suivre la circulation des HPV, offrant un signal global et anonymisé à l'échelle de la population.




