Le projet PartySOME, lancé par Malo Jan et Luis Sattelmayer du Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po, permet d’explorer les enjeux politiques abordés par les partis sur les réseaux sociaux et leur évolution temporelle. Cet outil interactif suit les publications de 478 partis politiques dans 38 pays occidentaux, y compris toute l’Union européenne, depuis 2005.
La plateforme s’appuie sur plus de 9 millions de publications collectées sur 7 réseaux sociaux (Bluesky, Facebook, Instagram, Telegram, TikTok, Twitter et YouTube). Ces données sont classées en 21 thématiques politiques standardisées, telles que l’immigration, la santé ou l’environnement, grâce à des méthodes de sciences sociales computationnelles.
Le site web, accessible gratuitement, permet de suivre l’évolution de l’attention portée à différents enjeux ou de rechercher des mots-clés spécifiques dans les publications des partis, y compris en comparant différents pays. Une section dédiée suit en temps réel la campagne pour la présidentielle française de 2027 et les élections générales anticipées en Espagne.
La méthode de classification est documentée dans deux articles académiques évalués par les pairs. Les données agrégées sont disponibles en accès libre sur GitHub dans une démarche de science ouverte. La plateforme est actuellement en version bêta publique et intègre de nouvelles fonctionnalités en réponse aux retours des utilisateurs.
“"La fonction de recherche par mots-clés de PartySOME rend possible la comparaison de l’utilisation d’un mot dans les publications de partis de pays différents."
Par exemple, la recherche du terme « remigration » révèle son émergence il y a une dizaine d’années dans l’extrême droite européenne, notamment en Suède et aux Pays-Bas. Plus récemment, le Parti citoyen au Danemark et le Futur national en Italie l’ont le plus utilisé.
Une requête avec le mot-clé « violence » permet de comparer, par candidature à la présidentielle, le volume et la part des publications incluant ce terme. Elle met en évidence des associations différentes : « violences sexistes et sexuelles » pour Marine Tondelier, « violence policière » pour Jean-Luc Mélenchon, « violence politique et extrême gauche » pour Marine Le Pen.




