“"Les femmes transgenres sont confrontées à des obstacles sociaux et structurels qui se recoupent, en particulier chez les migrantes, et qui entravent l’accès équitable aux soins liés au VIH. Nos résultats et ceux d'autres études comme Trans&VIH, soulignent la nécessité d'interventions structurelles, sanitaires et communautaires pour lever ces obstacles."
VIH : 30 ans de parcours de soins chez les femmes transgenres en Europe
Une étude de l'Inserm et Sorbonne Université analyse les délais et les disparités dans la prise en charge du VIH chez les femmes transgenres sur trois décennies.
Par Nicolas Moreau
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Image générique: avec des éléments symboliques de progrès et d'espoir dans un contexte urbain francilien.
Une étude de l'Inserm et de Sorbonne Université, publiée dans The Lancet Regional Health – Europe, analyse sur 30 ans le parcours de soins des femmes transgenres vivant avec le VIH en France. Elle révèle des progrès significatifs dans l'initiation des traitements antirétroviraux, mais aussi des disparités liées à l'origine géographique.
La prévalence du VIH est particulièrement élevée chez les femmes transgenres. Face à la rareté des études longitudinales européennes sur cette communauté, une équipe de recherche de l'Inserm, de Sorbonne Université et du milieu hospitalier a examiné le continuum de soins du VIH sur trois décennies. Basée sur les données de la cohorte ANRS CO4-FHDH, cette étude est la première en Europe à analyser de manière exhaustive les délais entre les étapes clés du parcours de soins et les déterminants associés à l'initiation des traitements antirétroviraux (ARV).
Les résultats, publiés en octobre 2026, montrent une amélioration notable de la prise en charge. Le délai d'initiation des ARV a été réduit de 4 mois à 15 jours entre 1997-2004 et 2013-2023, probablement grâce à la politique du « traitement universel » mise en place en 2013. Le temps médian pour obtenir une suppression virale a également diminué, passant de six mois à environ deux mois. La proportion de femmes transgenres sous ARV avec une suppression virale a grimpé de 74,7 % à 95,5 %, atteignant ainsi la cible de l'ONUSIDA.
Cependant, l'étude a mis en évidence des disparités importantes liées à l'origine géographique. Alors que la majorité des participantes (65 %) sont nées en Amérique latine, les femmes transgenres nées à l'étranger sont 32 à 35 % moins susceptibles d'initier rapidement le traitement que celles nées en France. Ces retards pourraient être dus à des barrières administratives pour accéder à l'Aide médicale de l'État (AME), au logement ou au titre de séjour.
Les auteurs soulignent l'importance de lever ces freins administratifs pour garantir un accès immédiat et équitable aux traitements pour les personnes migrantes. À l'avenir, la généralisation des traitements antirétroviraux injectables à action prolongée pourrait améliorer l'observance, mais nécessitera une vigilance accrue face aux risques de rupture de suivi.
Information rédigée à partir de la source officielle : Sorbonne Université (20/10/2026)



