Olivier Hermine : L'hématologie, entre recherche fondamentale et clinique

Le professeur Olivier Hermine, titulaire de la chaire Médecine expérimentale au Collège de France, partage sa vision sur l'avenir de l'hématologie.

Image générique de cellules sanguines au microscope dans un laboratoire.
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Image générique de cellules sanguines au microscope dans un laboratoire.

Le professeur Olivier Hermine, titulaire de la chaire Médecine expérimentale au Collège de France, donnera sa leçon inaugurale le 3 novembre 2026 à Paris, abordant le lien entre hématologie, recherche fondamentale et clinique.

Professeur d’hématologie à l'université Paris Cité et chef de service à l'hôpital Necker-Enfants malades, Olivier Hermine allie expertise clinique et recherche fondamentale. Son travail vise à comprendre la biologie des cellules sanguines pour développer de nouveaux traitements contre les maladies du sang et d'autres pathologies.
Il prendra ses fonctions de titulaire de la chaire Médecine expérimentale au Collège de France en 2026. Sa leçon inaugurale, intitulée « L’hématologie, au carrefour des disciplines biomédicales : un aller‑retour entre recherche fondamentale et clinique », sera donnée le 3 novembre 2026, suivie de ses cours débutant le 6 novembre 2026.
Initialement attiré par la forge ou la médecine vétérinaire, Olivier Hermine s'est orienté vers la médecine après une confrontation précoce avec la mort. Fasciné par les découvertes médicales, il a décidé de devenir docteur pour comprendre et traiter les maladies. Il a ensuite choisi la recherche à côté de la pratique médicale, soulignant l'importance de remettre en question les dogmes lorsque les traitements actuels échouent.
L'hématologie, discipline s'intéressant aux maladies du sang, lui est apparue comme un domaine expérimental prometteur, nécessitant des connaissances larges en médecine clinique. La double casquette de clinicien et de chercheur est, selon lui, essentielle pour poser les bonnes questions et encourager la recherche fondamentale au sein des groupes cliniques.
Les grands défis actuels de sa recherche incluent les maladies malignes, comme les cancers du sang, où l'objectif est d'identifier les patients répondant aux traitements et de diminuer la toxicité. Il travaille également sur les maladies « bénignes » comme la drépanocytose, une maladie génétique du globule rouge sous-estimée, et les mastocytoses, maladies rares liées à l'accumulation de mastocytes.
Olivier Hermine intègre dans ses recherches des modèles animaux « naturels », comme des chiens ou des chats développant spontanément des maladies, afin d'améliorer le transfert des découvertes vers l'humain. Il regrette que cette pratique ne soit pas plus développée, souvent freinée par des considérations économiques.
Il souligne la difficulté de financer le développement de médicaments pour les maladies rares, l'industrie se concentrant davantage sur les maladies fréquentes. Il a contribué à la création de deux sociétés de biotechnologie pour favoriser ce développement.
En 2008, il a fondé le centre de référence national des mastocytoses à l'hôpital Necker. Ce centre vise à soigner les malades, organiser la recherche sur la physiopathologie, définir les critères diagnostiques et thérapeutiques, et assurer un accès aux soins à moins de 150 km du domicile des patients. Il participe également à des réseaux européens et a coordonné une Initiative d’excellence sur les maladies du globule rouge.
Information rédigée à partir de la source officielle : Collège de France (30/10/2026)