Les chefs d’entreprise et professionnels de l’accompagnement ont échangé sur la manière de comprendre la conjoncture, mieux piloter leur activité et prévenir les difficultés. Un speed meeting a permis aux entrepreneurs de rencontrer directement les acteurs susceptibles de les accompagner.
Benoît Ehret, directeur départemental de Seine-et-Marne de la Banque de France, a constaté que l'incertitude pèse sur les décisions des entreprises, passant de dirigeants incertains à « déprimés ». Bien qu'il n'y ait pas de décrochage généralisé, il a souligné la fragilité des prévisions et la vulnérabilité de certaines PME et secteurs, comme le transport. Il a cependant rappelé les atouts du territoire, tels que la maîtrise de l'inflation, l'amélioration du chômage et le potentiel de la jeunesse locale. Son message est clair : « La réponse aux inquiétudes ne sera pas uniquement dans l’entreprise, mais dans toute la chaîne de valeur. » Il a encouragé les dirigeants à travailler avec leurs clients, banques et partenaires, et à anticiper sur un an.
Jean-Charles Herrenschmidt, président de la CCI Seine-et-Marne, a relevé un paradoxe : « Les dirigeants doutent de l’économie, pas d’eux-mêmes ». Une consultation a montré que si seulement 7 % des dirigeants sont confiants dans l'économie française, 60 % le sont dans leur propre entreprise. Il a souligné la capacité des chefs d'entreprise à avancer malgré le manque de visibilité, et l'importance croissante du conseil et de l'accompagnement. « Anticiper une difficulté, ce n’est pas reconnaître un échec. C’est un acte de gestion. »
Marine Briand, juge consulaire au Tribunal de commerce de Meaux, a rappelé que les tribunaux de commerce ne sont pas là uniquement pour sanctionner. Des dispositifs de prévention et de conciliation existent pour aider les dirigeants. Elle a insisté sur la temporalité, soulignant que ceux qui s'en sortent sont ceux qui viennent « plus tôt », avant la constatation de la cessation des paiements, qui impose un délai légal de 45 jours pour demander une procédure de redressement ou de liquidation.
Emmanuelle Bersez, de l’Association des Experts-Comptables de Seine-et-Marne, a proposé des réflexes de pilotage : ne pas se limiter au chiffre d’affaires, analyser les produits et activités, connaître son seuil de rentabilité en intégrant les engagements financiers, et piloter la croissance. Elle a insisté sur l'importance d'accepter la difficulté et de demander conseil suffisamment tôt.
Le programme Objectif Résilience Île-de-France, cofinancé par l’Union européenne, propose un diagnostic gratuit et confidentiel pour identifier les fragilités et accompagner les dirigeants. La CCI se positionne comme une porte d’entrée vers un écosystème d’accompagnement.
Le speed meeting a permis aux entrepreneurs de rencontrer des acteurs comme le Tribunal de commerce, l'URSSAF, les services fiscaux, des experts-comptables et des avocats, dans un contexte non urgent.
L'association 60 000 Rebonds, représentée par Solveig de Pillot et Jean-Marc Bouvet, a présenté son action d'accompagnement des entrepreneurs ayant perdu leur entreprise, annonçant l'ouverture d'une nouvelle antenne à Meaux. L'accompagnement peut durer jusqu'à 24 mois et prend en compte les conséquences personnelles, y compris la santé mentale.
Le message principal de la soirée est resté constant : « Pour tenir le cap, quand on est dirigeant, il ne faut pas rester seul ! » Anticiper, s’entourer et agir sont les clés pour mieux piloter et rebondir dans un environnement incertain.




