Entre le 1er juin et le 23 septembre 2026, le bassin de l’Yerres n’a reçu que 60 mm de pluie, contre 244 mm en moyenne. Face à ce déficit de 75 %, la nappe du Champigny, essentielle à l’alimentation en eau potable du territoire, a vu sa vidange s’accélérer dans sa partie est. Les hydrobiologistes d’AQUI’Brie répondent aux questions du SyAGE et éclairent les enjeux de la préservation de la ressource en eau face au changement climatique.
Après une recharge hivernale faible, la nappe se vidange depuis la mi-mars. Les canicules successives et le manque de précipitations ont accéléré cette vidange, particulièrement dans la zone est où les prélèvements pour l'irrigation sont importants. En ce début d'automne, les niveaux restent au-dessus des seuils de vigilance grâce aux hivers précédents pluvieux, mais une recharge hivernale suffisante est espérée pour éviter des mesures de restriction au printemps prochain.
L'Agence Régionale de Santé a indiqué qu'il n'y a pas eu d'impact sur la continuité de l'alimentation en eau potable sur le territoire du SyAGE, bien que des points de vigilance concernent les captages de la nappe alluviale de la Marne. Les producteurs d'eau ont cependant noté une hausse de la consommation due à la précocité de la canicule. L'impact de cette consommation accrue sur la nappe du Champigny se verra dans les mois à venir.
Face aux alternances climatiques plus fortes, le territoire doit apprendre à gérer une ressource en eau dont les besoins augmentent, notamment pour l'irrigation agricole, l'arrosage des terrains de sport et les tours aéroréfrigérantes industrielles. Les scénarios du GIEC prévoient des étés plus chauds et potentiellement plus longs.
Pour rendre le territoire plus résilient, il est indispensable de réunir tous les usagers, de partager les constats et d'évaluer l'impact des solutions proposées. Le Projet de Territoire pour la Gestion de l’Eau de la nappe du Champigny, démarré en septembre 2026, vise à gagner en agilité face à un climat plus chaotique.
Concernant les usages de l'eau à domicile, il est crucial de réduire la consommation. Le centre d’information sur l’eau (CIE) indique que 40% de la consommation domestique concerne les douches et bains. Privilégier les douches courtes, adapter l'arrosage du jardin aux conditions météorologiques et utiliser le lave-vaisselle sont des gestes essentiels pour économiser la ressource.




