Sécurité réseau : Télécom SudParis teste les machines à états de l'IoT

Une faille critique dans wolfSSH, découverte grâce à l'Active Automata Learning, met en lumière les limites des audits de code traditionnels.

Image générique: avec des lignes lumineuses et des nœuds sur fond sombre, symbolisant la détection de vulnérabilités.
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Image générique: avec des lignes lumineuses et des nœuds sur fond sombre, symbolisant la détection de vulnérabilités.

Une faille de sécurité critique (CVE-2025-14942) a été identifiée dans le client wolfSSH, une bibliothèque logicielle couramment utilisée dans l'IoT et les systèmes embarqués. La découverte, réalisée par des chercheurs de Télécom SudParis et Valeo, souligne l'efficacité de la méthodologie Active Automata Learning pour tester la robustesse des protocoles.

La vulnérabilité, notée 9,4/10 sur l'échelle CVSS, permet un contournement d'authentification dans les versions de wolfSSH antérieures à la 1.4.22. Elle a été découverte par Olivier Levillain, chercheur à Télécom SudParis, et Aina Rasoamanana de Valeo. Cette faille démontre les limites des audits de code traditionnels et met en avant la méthodologie Active Automata Learning, développée par l'école d'ingénieurs pour sécuriser les systèmes critiques en « boîte noire ».
Le protocole SSH, essentiel pour l'administration à distance, repose sur trois couches : Transport, Authentification utilisateur et Connexion. Contrairement au protocole TLS, SSH est resté plus confidentiel malgré son importance cruciale. L'étude menée sur wolfSSH, une implémentation légère prisée dans l'automobile, l'aéronautique et l'IoT, a révélé une déviation structurelle majeure : la machine à états du logiciel acceptait des messages d'authentification avant même la preuve d'identité du serveur.
Pour un attaquant en position d'intercepteur réseau (Man-in-the-Middle), cette brèche ouvre la voie à des scénarios critiques tels que la fuite d'identifiants ou le détournement de session. L'Active Automata Learning, développé au sein de l'équipe Sécurité et Confiance Numérique (SCN) du laboratoire SAMOVAR à Télécom SudParis, interagit directement avec le logiciel sans consulter son code source. Grâce à l'algorithme L, il reconstruit l'automate interne de l'application en analysant les réponses à des séquences de messages.
Olivier Levillain explique que le défi technique réside dans la traduction des abstractions algorithmiques en messages réseau réels, permettant d'explorer des enchaînements inattendus et de faire surgir des failles cachées. Cette approche surpasse les audits traditionnels en offrant une modélisation visuelle et vérifiable des comportements réels, même face à des milliers de lignes de code.
Suite à une procédure de Responsible Disclosure, l'éditeur wolfSSL a collaboré avec les chercheurs pour publier la version sécurisée wolfSSH v1.4.22 en janvier 2026. Cet épisode souligne l'importance de simplifier les spécifications des protocoles, de formaliser la logique d'état et d'automatiser les tests négatifs.
Cette recherche, issue des travaux de thèse d'Aina Rasoamanana à l'Institut Polytechnique de Paris, illustre le modèle de recherche partenariale de Télécom SudParis. L'école étend désormais cette méthode d'inférence à d'autres protocoles critiques comme QUIC, RDP et OPC UA.
Information rédigée à partir de la source officielle : Télécom SudParis (13/10/2026)