Dans le cadre d'une recherche sur le cancer séreux de haut grade de l'ovaire, une forme agressive de la maladie, les scientifiques ont identifié des états cellulaires spécifiques associés à la chimiorésistance. Ces travaux, parus dans Cancer Discovery, indiquent que certaines cellules tumorales sont "configurées" sur le plan épigénétique pour résister aux traitements, et ce, avant même leur administration.
L'étude a analysé individuellement les cellules tumorales de patientes avant et après traitement, révélant des évolutions cellulaires récurrentes. Chez les patientes répondant bien à la chimiothérapie, une diminution des cellules en division et celles activant des programmes de réponse à l'interféron a été observée. À l'inverse, une résistance au traitement était associée à une augmentation de cellules activant des fonctions liées au TNF et à l'EMT (processus de changements cellulaires).
Grâce à des analyses épigénomiques, il a été mis en évidence que ces cellules résistantes sont "pré-configurées" épigénétiquement. Cette prédisposition pourrait faciliter l'activation de programmes de résistance lorsqu'elles sont confrontées à la chimiothérapie, soulignant l'importance de l'étude de l'état tumoral avant exposition au traitement, au-delà des seules mutations génétiques.
Ces découvertes ouvrent des perspectives prometteuses pour le développement d'outils diagnostiques permettant d'identifier les patientes susceptibles de moins bien répondre à la chimiothérapie. L'approche, déjà mise en œuvre par la start-up One Biosciences dans plusieurs types de cancers, vise à mieux comprendre les mécanismes de réponse et de résistance aux traitements pour une orientation thérapeutique plus précise.
Les chercheurs explorent également de nouvelles cibles thérapeutiques et des médicaments pour bloquer les mécanismes favorisant la résistance des cellules tumorales.




