Sur les traces de Victor Hugo à Montfermeil

À l'occasion de la sortie d'une nouvelle adaptation des Misérables, retour sur les lieux qui ont inspiré Victor Hugo à Montfermeil.

Façade en pierre d'un hôtel de ville historique à Montfermeil, Île-de-France, avec balcon orné et balustrade en fer forgé, sous le soleil d'après-midi.
IA

Façade en pierre d'un hôtel de ville historique à Montfermeil, Île-de-France, avec balcon orné et balustrade en fer forgé, sous le soleil d'après-midi.

Alors qu'une nouvelle adaptation des Misérables sort en salles, retour sur les lieux de Montfermeil qui ont inspiré Victor Hugo, notamment la fontaine où Cosette rencontre Jean Valjean.

Le 14 octobre, une nouvelle version des Misérables, réalisée par Fred Cavayé, sortira en salles. Cette sortie est l'occasion de revisiter les lieux qui ont inspiré Victor Hugo à Montfermeil, commune où l'écrivain a situé la célèbre auberge des Thénardier et la rencontre entre Cosette et Jean Valjean.
Bien que la localisation exacte de l'auberge des Thénardier ne soit qu'une hypothèse, la fontaine de Cosette, aujourd'hui rebaptisée fontaine Jean-Valjean, est toujours visible. Hugo décrivait Montfermeil comme « un assez gros bourg orné, toute l’année, de villas en plâtre et, le dimanche, de bourgeois épanouis », contrastant avec le village boisé qu'il était en 1823.
Dans le « Livre troisième » des Misérables, publié en 1862, Hugo introduit les personnages des Thénardier et le sauvetage de Cosette par Jean Valjean. L'écrivain situe l'action dans ce « coin paisible et charmant », sans que les raisons précises de ce choix ne soient clairement établies.
Jean-Marc Hovasse, professeur de littérature française à Sorbonne Université, souligne que si la vie de Victor Hugo est bien documentée, ses visites à Montfermeil restent entourées de mystère. Il suggère que Hugo s'y est rendu en repérage, probablement en septembre 1845, possiblement en compagnie de Léonie Biard d’Aunet.
L'auberge du « Sergent de Waterloo », lieu présumé de l'action, n'a jamais existé sous ce nom. Cependant, un cabaret nommé « Au Rendez-Vous d’Austerlitz » se trouvait au 5, rue de la Halle, à proximité de l'église, comme le mentionne Hugo dans son roman. Pierre Girault, président de la société historique « Montfermeil et sa région », précise que cette maison en briques rouges actuelle est bien loin de la masure décrite par l'écrivain. Il note aussi l'absence de mention du cimetière, pourtant présent à l'époque près de l'église, comme une possible « licence poétique ».
La promenade dans les rues de Montfermeil permet d'imaginer l'action du roman. Le Vieux Chemin de l’Abîme évoque la descente de Cosette à la fontaine, tandis que le parc de l'Arboretum offre un contraste paisible avec les descriptions angoissantes de Hugo sur les forêts.
La fontaine Buisson, renommée Jean-Valjean dès 1865, est le lieu de la rencontre entre Jean Valjean et Cosette. Une œuvre d'Antoine Gilbert l'accompagne depuis 1985, et un écriteau rappelle que son eau n'est pas potable.
En longeant le lac de l'Arboretum, on peut méditer sur la phrase de Hugo : « Il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs ». Cette citation résonne avec le film Les Misérables de Ladj Ly, autre enfant de Montfermeil, dont l'action se déroulait dans la cité des Bosquets.
Plus de 160 ans après la parution des Misérables, les inégalités sociales restent préoccupantes. Cependant, le fait que des créateurs continuent de soulever ce problème est réconfortant.
Information rédigée à partir de la source officielle : Département de la Seine-Saint-Denis (02/10/2026)